Si son histoire a commencé par une faute de langue, elle n'aurait pas pu voir le jour sans cet organe de la cavité buccale. 

L'origine du cunnilingus

C'est en l'an 79 que nous faisons notre premier stop dans la fabuleuse histoire du cunnilingus. Cette année là, en Italie, le Vésuve entre dans une terrible éruption. Des villes entières sont ensevelies par la cendre. Depuis cette tragédie, de nombreuses fouilles ont été menées :  à Pompéi des archéologues ont retrouvé -grâce à des fresques pornographiques- la preuve que le cunni était pratiqué à cette période de l'histoire.

Alors oui, le cunnilingus était bien exercé par les autochtones de l'époque, mais il n'en restait pas moins décrié. Dans la Rome et l'Egypte antiques, cette pratique était réservée aux esclaves sexuels ou aux lesbiennes. Il était en effet rabaissant pour les hommes d'embrasser le sexe d'une femme. Au XVIIème siècle, en Angleterre, cette position était même punie par la loi.

De l'autre côté du globe, l’impératrice chinoise Wu Zetian n'en avait que faire de froisser l'estime de ces messieurs. Selon la légende, celle qui vécut en l'an 625 aimait demander à ses visiteurs étrangers de lui faire un cunnilingus. Une façon bien à elle de faire la bise. 

Dans les années 50, le cunnilingus était toujours très tabou : l'actrice Jeanne Moreau en a d'ailleurs fait les frais dans le film Les Amants. Celle qui a joui du premier cunni de l'histoire du cinéma (grand public), déclencha avec cette scène un véritable scandale au festival de Venise. 

Le cunnilingus, victime de son héritage culturel

Sale, taboue, rabaissante, la version féminine du sexe oral n'a pas eu le droit au même traitement que son homologue masculin. Force est de constater, grâce aux recherches menées sur le sujet, qu'il existe beaucoup moins d'informations historiques sur le cunnilingus que sur la fellation.

Cette pratique sexuelle a été jugée, durant des siècles, comme humiliante pour les hommes et inutile (hé oui, il n'y a pas de bébé à la clef dans cette position). Cette réputation lui a si bien collé à la peau, que les femmes n'ont pu que subir ce sombre héritage.

Elles ont alors complexé de l'apparence de leur vulve, souvent comparée à nos amis les mollusques bivalves, et plus précisément : les moules (vous conviendrez que l'image fruité de la banane chez les hommes est tout de même plus sympathique). Elles ont ensuite paniqué à l'idée que leur sexe ait une odeur (celle de la mer, vous suivez ?), et enfin, elles ont pris en horreur leurs poils, qui ne servaient qu'à alimenter cette impression de saleté.

La conclusion n'est pas dure à tirer : les femmes ont tout logiquement fini par croire que se faire lécher cette partie du corps était très peu flatteur pour elles, et donc gênant pour tout le monde. Contrairement à la fellation, le cunnilingus ne possède pas la moindre dimension obligatoire. Il est même plus de l'ordre de la faveur.

 

Le cunnilingus est aussi critiqué qu'apprécié, c'est là où réside toute l’ambiguïté du sujet. 

Malgré sa tumultueuse histoire, cette pratique est aujourd'hui bien installée dans la vie sexuelle des Français. Les hommes en sont d'ailleurs aussi friands que les femmes : ils sont 85% à l'avoir déjà pratiqué*. Sachez aussi que c'est entre 35 et 39 ans que les femmes reçoivent le plus de cunnilingus.

Son succès auprès de la gent féminine n'est pas franchement étonnant : le clitoris ne possède pas moins de 8000 terminaisons nerveuses (pour vous donner une idée de l'ampleur, le pénis n'en compte que 4000, donc deux fois moins). Certaines études s'accordent même à dire que l'orgasme vaginal n'existe pas, et qu'il serait uniquement lié au clitoris. Mais comme dirait Musset : "Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse", n'est-ce pas ? 

*Selon une étude publiée en 2008 par l’Inserm, "Enquête sur la sexualité en France", éditions La Découverte, réalisée auprès de 12000 personnes.

 

                                                                                  Marie-Claire